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Souffrance collective et santé mentale : Silence organisationnel et action préventive - Article Altericare

Souffrance collective et santé mentale : Silence organisationnel et action préventive

Silence organisationnel, douleur collective et action préventive

Face à des événements vécus comme traumatisants au sein des entreprises ou organisations, comment le silence institutionnel aggrave la douleur collective et empêche l’action préventive ?

Quand le silence devient la seule réponse à la souffrance, c’est tout un collectif qui vacille.

Derrière les mots non-dits, il y a des blessures partagées et une douleur institutionnelle.

Les événements traumatisants – décès d’un collègue, décès d’un enfant, suicides, violences, accidents graves, et plus spécifiquement dans le secteur de la santé : erreurs médicales, urgences extrêmes, interventions lourdes – laissent des traces profondes. Et trop souvent, la réponse institutionnelle est le silence.

D’autres situations peuvent créer des blessures au sein des équipes : un changement de stratégie, la vente d’une branche de l’entreprise, l’arrêt d’un projet, un déménagement non désiré… Dans ce cas aussi, le silence organisationnel peut empêcher les personnes de tourner la page.

Ce silence de la part de l’organisation se nourrit de la peur : peur d’abîmer l’image, de réveiller la douleur, d’ouvrir la boîte de Pandore.

Derrière cette peur, une dissimulation systémique

Les témoignages que nous avons recueillis parlent d’eux même :

  • Absence de débriefs collectifs après un drame
  • Les personnes qui vivent cela pensent que les suicides sont dissimulés par les directions pour « protéger l’image ».
  • Problèmes attribués à la sphère privée.
  • Des directeurs interdisent même aux médecins du travail de rencontrer les équipes pour recueillir la parole et la souffrance.
  • Pas de suivi psychologique

Quel que soit ce qui est vécu, la dissimulation aggrave la souffrance collective.

Le silence institutionnel est lui-même un facteur de souffrance.

Le silence sur les drames personnels fragilise encore davantage la santé mentale des équipes et alimente un climat de peur et d’impuissance.

Chaque non-dit devient un signal : “ta douleur n’a pas de place ici”.
Et c’est là que naît la douleur collective.

Regarder la souffrance en face

La verticalité du management et l’absence de reconnaissance aggravent ce choc et détériorent la cohésion des équipes.

Les employés ne demandent pas à être protégés du réel, mais à ce qu’on accueille leur humanité après l’événement.

Face à cela, les équipes tentent parfois des démarches collectives, qui ne pourrait réussir que si la direction entend la souffrance réelle de ces personnes, accueille leurs initiatives, leur laisse un pouvoir de décision

« Ce que nous voulions donner n’a plus d’espace pour exister », disait un employé.

Quand l’institution tait la souffrance, elle ajoute une couche d’ombre à la douleur.

L’éclairage de l’Ingénierie Systémique Relationnelle® (ISR®)

Comme nous l’avons écrit dans les articles précédents (Mettre le lien avec l’article Éviter l’épuisement professionnel en restaurant la relation à soi https://altericare.fr/index.php/category/sante-mentale/), l’ISR® propose une lecture différente de la santé mentale :

« La santé mentale, c’est la capacité à entretenir des relations constructives avec soi et autrui, à faire usage de sa liberté de décision, à développer ses compétences relationnelles et à s’inscrire dans des projets personnels et collectifs. »

Sous cet angle, le silence institutionnel devient une entrave à la relation.
Il nie la liberté de s’exprimer, d’être reconnu, d’être entendu.
Il transforme la douleur en impuissance.

L’ISR® invite à :

  • Restaurer la liberté de dire ce qui a été vécu,
  • Offrir un espace d’écoute propice à la reconnaissance de la personne dans sa relation à soi et aux autres,
  • Favoriser une reconstruction collective plutôt qu’une mise à distance individuelle.

Retrouver de la cohérence en soi

Après un événement traumatisant, parler n’est pas immédiat.
Pouvoir être accueilli, reconnu, épaulé au moment juste est souvent le premier pas pour reprendre le travail dans de bonnes conditions.

Retrouver de la cohérence, c’est se rappeler qu’on n’est pas seul, que ce qu’on fait a du sens, et que l’on dispose d’un espace pour être entendu.

Le rôle du médiateur professionnel

Le médiateur professionnel ne soigne pas la souffrance psychique.
Il crée ce cadre de parole libre et sécurisé, où chacun peut poser des mots sur ce qui a été tu.

  • Reconnaître la douleur sans la pathologiser,
  • Restaurer la liberté décisionnelle, dans une démarche individuelle ou collective
  • Permettre à l’équipe de retrouver un climat d’entente et de coopération.

Conclusion – Prévenir la souffrance au travail

La médiation professionnelle ne soigne pas la souffrance, mais elle redonne une voix à ce qui n’a pas été exprimé. Et parfois, c’est déjà le début d’un mieux-être.

Ouvrir un espace de discussion, c’est oser reconnaître ce qui fait mal, sans chercher de coupable, mais pour redonner du sens et de l’humanité aux relations professionnelles.

Parce qu’une parole entendue vaut mieux qu’un silence bien tenu.

Prochain article

Pleurs, colères, portes claquées : quand le climat devient invivable et qu’aucune régulation n’existe.


Article écrit par Sébastien Bordes, Isabelle Lanvin, Valérie Pascual, Caroline Podage.

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